Le village de Toulx Sainte Croix

Epoque gallo-romaine

Sous le terme de Gaule romaine s'entendent en même temps un lieu donné et une époque précise de l'histoire. La période couverte va de la conquête de la Gaule par Jules César (-52) à la bataille de Soissons (486) qui marque l'avènement de la dynastie mérovingienne.

Toulx Sainte Croix : Tullos « la hauteur pour les Gaulois » ou Tullum « des Gallo-romains ». Un oppidum gaulois serait né de la conjonction de deux voies romaines avec établissement d’un temple gallo-romain dédié à Mercure (romain) - Lug (gaulois).

 

 


Bas-relief incorporé dans le clocher provenant

certainement d’un petit temple dédié à Lug-Mercure.
 

 

 

 

 

Dans la deuxième partie du IIIe siècle, Martial de Limoges, également appelé l’apôtre des Gaules ou l’apôtre d'Aquitaine, est le premier évêque de Limoges et vient prêcher à Toulx-Sainte-Croix.


Epoque mérovingienne


Mérovingiens, première dynastie des rois francs, elle a régné sur la Gaule de 481 à 751. Elle doit son nom à Mérovée, grand-père de Clovis.

 

 

 

Croix mérovingienne incorporée dans le mur

d'une maison du bourg.

 

 

 


Il existe en contrebas de la butte du bourg actuel, une nécropole mérovingienne et carolingienne orientée selon un axe nord-sud. La superficie de cette nécropole était à l’origine beaucoup plus importante que les vestiges actuels, elle s’étendait en-dessous et au-delà du cimetière datant du XVIIIe siècle. C’était un lieu de culte trop important pour les seuls habitants de Tullum. La nécropole était réservée à la classe des chefs et notables de la région et qui pouvaient se permettre de faire tailler et transporter un sarcophage. Dès le Ve siècle, en lien avec la christianisation progressive du territoire, Toulx se dote alors d’une chapelle dédiée à Saint-Martial.


Epoque du Bas-Moyen Age


994 : Martial de Limoges est invoqué à Limoges à l’occasion du mal des ardents durant les ostensions. Lors des conciles de Limoges de 1029 et de Bourges en 1031, Martial obtient l'apostolicité par l'action du prédicateur Adémar de Chabannes.

Vers la fin de ce siècle les chanoines réguliers d’Evaux ont commencé la construction de l’église, à l’emplacement d’une église primitive, elle-même ayant pris la place d’un « fanum », petit temple gallo-romain. En l’an 1120 le pape Calixte  en fait don aux chanoines réguliers d’Evaux.

On peut imaginer que les chanoines, voulant magnifier l'œuvre évangélique de Martial, ont construit à Toulx une grande église, une des plus importantes de la région, une église de pèlerinage avec un déambulatoire, permettant aux pèlerins de circuler à l'intérieur de l'édifice. Les chemins de Compostelle, entre Bourges et Limoges  passaient à proximité.

En l’an 1158, la bulle pontificale d’Adrien IV Ecclesiam Sancti Martialis de Castello Tulli, cum pertinentiis suis, renouvelle la donation de l’Eglise Saint-Martial aux chanoines d’Evaux laissant penser que Toulx possédait un château au XIIe siècle. L’existence d’un tel château a pu être confirmée archéologiquement.

Des recherches récentes montrent que l’église était au début dotée d’un toit de chaume. C’est probablement en raison du manque de moyens des Toulois de maintenir ce type de toiture qui engendra peu à peu au cours des siècles suivants la dégénération de ce bâtiment.


Epoque moderne



Vers 1730, un effondrement des trois premières travées de l’église se produit et l’église se trouve curieusement amputée de son clocher.

Elle subit, au cours du siècle, quelques petites réparations et transformations.

Au XVIIIe siècle le curé prieur de Saincthorent entreprit quelques travaux de réfection qu’il eut bien du mal à financer.

En 1804 Baraillon signale qu’une partie de la nef et du clocher était ruinée depuis déjà longtemps.

En 1807, le conseil de fabrique décida d’entreprendre « la réédification » de l’édifice, c’est le terme employé par Mr de Pichard, président du conseil de fabrique et conseiller général.

Entre 1817 et 1820 les parties ruinées furent supprimées et leurs matériaux utilisés pour la restauration des autres parties. Les travaux avaient été si mal exécutés que par la suite il fallut veiller sans cesse à la réparation des malfaçons.

En 1850, l’état du clocher fut particulièrement préoccupant et on le sauva en l’étayant de puissants contreforts, c’est peut-être après ces travaux que les trois lions - d’origine gallo-romaine – furent installés à leur emplacement actuel.

Après 1866, on fit refaire le crépi intérieur de la nef et on orna le chœur, les colonnes et les voûtes de dessins aux couleurs vives.

En 1910, un coup de foudre causa un feu dans le clocher et en 1912 l'abbé Aguillaume (Curé de la paroisse de 1907 à 1949), fit refaire le toit du clocher en complétant l’étage d’une arase de maçonnerie avec moellons et corniches. Il demanda à chaque maçon et tailleur de pierre de la commune de participer et de tailler chacun une pierre de la corniche. Le toit fut couvert de bardeaux fendus de châtaignier.

En 1932, le même abbé Aguillaume fut l'initiateur de la construction de la tour d’observation de style néogothique. Elle fut édifiée sur les «Rochers de Bruladis» qui constituaient déjà à l'époque gauloise un lieu de surveillance et d'émission de signaux lumineux à l'aide de feux. Sa construction, arrêtée en 1937 faute de moyens de financement, ne reprit qu’en 1956 et fut achevée en 1957 pour supporter une antenne-relais pour la télévision jusqu'en 1972. Elle a été récemment rénovée.

Trois choses frappent le regard lorsqu’on aborde Toulx :



En premier lieu, les flancs de la colline sont couverts d’imposants blocs de granit comme si l’on était au dessus d’un énorme pierrier. La tradition prétend qu’il s’agit peut-être des restes d’une triple enceinte éboulée d’un oppidum gaulois qui se trouvait là. Le village construit en hauteur parait entouré par trois épais murs de pierres sèches. Les Romains envahirent le village pour en faire Tullum.

Cette tradition orale se trouve contrariée par les assertions des géologues qui voient là « une formation à blocaille, processus d’érosion qui a fendu le granite diaclasé sous un paléoclimat beaucoup plus rigoureux que le nôtre augmenté d’un important travail d’épierrage imposé aux habitants qui voulaient mettre leurs terres en culture ». Evidemment, dit comme cela ... Tout de même, on rêve moins agréablement des mésaventures d’un granite diaclasé que d’orgueilleux remparts d’une forteresse antique. On peut choisir donc le rêve avec le Guide Vert Michelin !

En deuxième lieu, le caractère élevé du site : d’une altitude de 655 mètres, d’où l’on découvre un vaste panorama sur sept départements. L’horizon atteint les Monts d’Auvergne, les collines du Berry et les Monts de la Marche et du Limousin. Par beau temps, on voit la Chaine des Puys, dont le Puy de Dôme et plus loin le Sancy.

En troisième lieu, le bourg de Toulx possède deux monuments majeurs : une église remarquable et une tour d’observation. L’église est en deux parties suite à un incendie ou un phénomène tellurique. Petite aujourd’hui elle fut une église mère, austère, de style roman. Elle possède un déambulatoire, elle est réputée comme l’une des plus anciennes de la Creuse (XI-XIIème siècle).

La tour, construite dans les années 30 à l’initiative du curé de la paroisse, l’abbé Aguillaume, féru d’histoire et d’archéologie, la tour, donc, offre en son sommet, le magnifique panorama sur 360°.

Les points remarquables ne se limitent pas à cela. Toulx est un lieu très anciennement dédié aux rites religieux. La tradition en fait le point de départ de la prédication de Saint Martial au pays des Lémovices au cours du IVème siècle de notre ère. Probablement dans la deuxième moitié du IIIème siècle selon des sources plus historiques.

Quant à la commune de Toulx: ses routes, chemins et sentiers sont bordés de croix, de fontaines et de lavoirs, ses champs sont bornés par des murets de pierres sèches. Le promeneur verra là les signes touchants du labeur de nos pères.